Histoire

Les malheurs des guerres de religion

 

On retrouve des témoignages écrits sur Tourtouse au XVIe siècle, lors des guerres 

de religion. 

Par la suite et pendant un quart de siècle, en raison des incursions des protestants du Mas d'Azil et de Camarade, l'enceinte servit de fort-refuge à une population diminuée qui ne cultivait plus que les alentours du village.

 

Un évêque bâtisseur

 

Le relèvement de Tourtouse et son aspect actuel doivent beaucoup à l'évêque Bruno de Ruade (1622-1645) qui en fit sa résidence. Né à Paris vers 1579, il fut dans sa jeunesse page du Maréchal de Biron et fut blessé, en 1590, à la bataille de Vernon-sur-Eure opposant catholiques et protestants. Il fit ensuite ses études à la Sapience à Rome et obtint en 1608 le diplôme de docteur en philosophie et en théologie. A son retour à Paris, il entra à la Chartreuse de Vauvert. Mais loin de mener la vie austère des Chartreux, il fut introduit à la cour du roi Louis XIII qu'il espionnait pour le compte de son ami, le nonce apostolique Bentivoglio. Et c'est sur sa recommandation, que le roi le nomma, en 1622, évêque de Couserans pour ses vertus, mérites et grande doctrine.

 Grand érudit, amateur de beaux meubles, il était à la fois un gros appétit et un fin gourmet auquel il fallait servir pas moins de six plats par repas, avec toujours un poisson et beaucoup de desserts... D'un tempérament autoritaire, il résolut dès son arrivée à Saint-Lizier, de réformer son chapitre ; cela lui valut de la part des chanoines des persécutions et de nombreux procès. On dit même qu'un jour ils le précipitèrent dans un puits.

Il se réfugia alors à Tourtouse où il fit construire en contrebas de la roque un "château" résidentiel, vaste et sévère demeure, qu'il orna de meubles précieux, de tentures de cuir et de haute lisse, de tableaux et de pièces d'orfèvrerie, aimant mieux vivre seul avec des paysans qu'à Saint-Lizier avec de tels chanoines. Il s'employa aussi à transformer l'environnement, qu'il s'agisse du grand jardin établi le long de la rivière, enclos de murailles, avec à un bout un vivier et à l'autre un pavillon qui existe toujours et où il allait, l'été, se retirer pour prier ; ou de l'esplanade arborée gagnée sur le cours du Lens au sud-est.Sur la roque, il réédifia l'église qu'il avait trouvée ruinée, avec sa chapelle nord-ouest et sa crypte aux culots sculptés de remarquables visages. Sans doute lui doit-on aussi le clocher polygonal ancré sur les restes de la tour romane consolidée par des contreforts et d'énormes maçonneries.

Gravement malade, il renonça à son évêché en 1642 et se retira à la Chartreuse de Toulouse où il mourut dans la nuit du 2 au 3 février 1645. Contrairement à son désir, son corps ne fut pas ramené à Tourtouse, mais sa dalle funéraire se trouve toujours dans l'église.

 

 

 © Christiane Miramont 2007 

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